Ainsi donc prophètes de Dieu, je vous le demande en quoi vos bulletins prophétiques sont ils si nécessaires aux croyants comme vous vous en vantez, et surtout d’où prenez vous tant d’assurance au point de vous croire permis de monnayer et de mettre un copyright à ce que vous affirmez venir de Dieu ?...

Nombreux sont ceux qui sont ou ont été troublés par le ministère dit « des prophètes » en provenance de nombreux pays mais surtout de pays anglo-saxons.

Bien souvent le public français des chrétiens évangéliques, vient à les connaître par le biais de la traduction de leur livre en français ou par le biais de meetings gigantesque organisés autour de leur venue dans notre pays.  Le but de cet article est d’interroger clairement ces ministères qui font beaucoup de bruit (et particulièrement celui de Joyner, aux USA), à partir de leurs ressemblances et de leurs points communs, ceci non pas par esprit critique et railleur, mais bien parce que ces ministères posent beaucoup de questions et disons-le, sont problématiques à plus d’un égard.

1)      De la commercialisation des Evangiles et du ministère chrétien

Vous tous qui avez soif, venez aux eaux, même celui qui n’a pas d’argent !  Venez, achetez et mangez, venez achetez du vin et du lait, sans argent, sans rien payer (Esaïe 55.1)

Ce qui nous frappe peut être le plus dans ces ministères anglo-saxons, c’est leur caractère spectaculaire, le poids et le rôle de premier rang qu’y joue l’argent.

En effet les prophètes contemporains écrivent livres sur livres, et assurent leur promotion au moyen de télévisions chrétiennes et sur le Web, éditent des CD de louanges et dans le cas notamment de Rick Joyner, proposent des abonnements en ligne, moyennant argent, de bulletins prophétiques et autres produits dérivés. Ce dernier n’hésite pas à vendre des biens immobiliers sur le site même de son ministère !

Le sentiment qui nous dérange peut être le plus est d’être face à des hommes et des femmes, qui ont quelque chose à vendre, autant, sinon plus, que quelque chose à annoncer ou proclamer.

Mais après tout, pouvons-nous aussi nous demander, qu’y a-t-il de mal à vendre des livres, des CD chrétiens ? Au contraire ne sont-ils pas destinés à l’édification des chrétiens ? Quel mal a-t-il à faire payer l’entrée des meetings d’évangélisations s’il a fallu aussi louer des salles de meeting ? Les appels d’argent ostensibles, ne sont-ils pas destinés au service du Seigneur ?  Ces questions nous paraissent nécessaires en tant que les chrétiens vivent dans un monde bien concret où le rôle de l’argent est non seulement indispensable, mais en plus et surtout déterminant d’un point de vue stratégique.  Pour se faire connaître il faut déployer de grands moyens, ceux-ci ont un coût.  Ainsi la richesse serait un moyen comme un autre (peut-être plus spécialement crucial) de servir le Seigneur, au sein de notre monde.  Mais alors pourquoi le Seigneur ordonne-t-il aussi à ses disciples Ne prenez ni or, ni argent, ni monnaie dans vos ceintures (Matthieu 10.9) ?  En effet les disciples de Jésus qui prêchaient le Royaume de Dieu, ne devaient rien prendre en réserve avec eux et compter sur le don libre de ceux qui voudraient bien les gratifier de nourriture, de logements et de dons d’argent.  Mais en aucun cas il n’était question d’accumuler des réserves d’argent et de capitaliser des dons ou encore de réclamer quoi ce soit comme un dû en échange d’un service.

Quelle attitude est censé avoir le chrétien face à l’argent et au monde qui réclame la richesse en abondance à ceux qui veulent réussir, avoir du succès et se faire connaître ?

Il nous faut d’abord rappeler le caractère fondamentalement gratuit du don de Dieu. Parce que Dieu est le Créateur de tout ce qui est, la créature ne peut être que le débiteur de Dieu. Bien plus, parce que les voies de Dieu ne sont pas celles des hommes, Dieu ne désire, ni ne nécessite, ni argent, ni or, et ce n’est jamais contre moyens financiers que les hommes ont fait alliance avec Dieu, mais au contraire par la foi seulement. Certes les hommes ont besoin d’argent pour vivre et subsister, mais là encore l’homme tient sa vie de Dieu, et c’est une illusion bien naturelle de croire qu’au contraire un homme tient sa vie et sa sécurité de ses biens. Ainsi si les hommes ont besoin d’argent, Dieu ne connaît pas de besoins. Il est légitime de rechercher l’aisance matérielle et le confort, mais par contre la Bible enseigne qu’il est odieux de prétendre vendre la grâce ou la bénédiction de Dieu.

Parce que Dieu nous offre sa grâce gratuitement, ceux qui sont envoyés de Dieu, et qui agissent en son Nom, (et non pas pour eux-mêmes) se doivent de donner gratuitement ce qu’ils ont reçu gratuitement de Dieu :

Guérissez les malades, ressuscitez les morts, purifiez les lépreux, chassez les démons. Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement (Matthieu 10.8).  C’est sans doute pour prévenir toute tentation d’enrichissement personnel et pour qu’ils apprennent à ne se fier qu’à Dieu, que Jésus recommande à ses disciples de ne rien prendre avec eux pour le voyage, ni pain, ni argent , ni vêtements (Luc 9.3).

Au contraire, ceux qui voudraient tirer un profit financier d’un don de Dieu sont fermement condamnés par les Ecritures :

Ses chefs jugent pour des présents, ses sacrificateurs enseignent pour un salaire, et ses prophètes prédisent pour de l’argent ; et ils osent s’appuyer sur l’Eternel, ils disent : l’Eternel n’est-il pas au milieu de nous ? Le malheur ne nous atteindra pas (Michée 3.11).

Il entra dans le temple et se mit à chasser les marchands, en leur disant : Il est écrit : Ma maison sera une maison de prières. Mais vous, vous en avez fait une caverne de voleurs (Luc 19.45).

C’est que l’argent est un emblème de puissance, et loin d’être seulement un rempart rassurant pour la vie, il est aussi une tentation et illusion de toute-puissance. Cette tentation n’épargne pas les croyants sincères ou non.  Paul ne l’ignorait pas, et affirme que l’amour de l’argent est la racine de bien des maux : Car l’amour de l’argent est une racine de bien des maux et quelques uns, en étant possédés, se sont égarés loin de la foi et se sont jetés eux même dans biens des tourments.

Ainsi certains croyants non seulement ont cru que l’argent était nécessaire à l’oeuvre de Dieu, et en ont fait le nerf de Sa guerre, emportant argent et biens avec eux pour prêcher les Evangiles, mais d’autres encore se sont corrompus au point de s’égarer de la foi afin de rechercher leur propre richesse.  Cette remarque n’est pas anodine, car il faut garder à l’esprit que dans un pays comme les USA, la religion est un business comme les autres, et que beaucoup d’hommes d’affaires l’ont compris, feignant la religion pour récolter des dons libres de toutes taxes. Ces hommes n’hésitent d’ailleurs pas à flatter les penchants naturels des hommes, leur promettant ce que leur coeur désire, c’est-à-dire, richesse, prospérité, réussite personnelle, le tout sous la protection et la bénédiction divine. Les Evangiles se transforment alors en un business certes très prospère où la fidélisation du client et la récolte de don devient un enjeu capital de l’entreprise. Aucun produit dérivé ne doit alors manquer, ni livres, publiés à un rythme effréné, ni disques, ni vidéos, ni séminaires, ni cours, le tout au prix du marché et soutenu par une promotion sans relâche, par des télévisions, des radios et des sites spécialisés.  Jésus parle étonnamment de ces hommes, en prévenant ses disciples de ce que certains feront des miracles et chasseront les démons en son nom, tout en étant réprouvés de lui au jour du jugement :

Beaucoup me diront en ce jour là : Seigneur ! Seigneur ! N’est ce pas en ton nom que nous avons prophétisé ? En ton nom que nous avons chassé les démons, en ton nom que nous avons fait beaucoup de miracles ? (Matthieu 7.22) Si l’argent est une exigence de ce monde, fort heureusement Dieu n’a pas besoin des moyens du monde pour accomplir son oeuvre, et combien même il utiliserait ces moyens, ceux-ci ne sont pas une nécessité pour la prédication de l’Evangiles.

Jésus n’a-t-il pas pris soin lui-même de nourrir ceux qui étaient venus l’écouter parler du Royaume des Cieux (Marc 6.37) ? Les disciples de Jésus et les apôtres vivaient modestement, et cela de l’exigence même de Jésus, et ce sont eux qui ont posé les fondations de l’église. C’est vers ces hommes-là que devraient se tourner les prophètes afin de trouver le modèle de leur ministère.  Paul ne dit-il pas : Quelle est donc ma récompense ? C’est d’offrit gratuitement l’Evangile que j’annonce, sans user de mon droit de prédicateur de l’Evangile (1 corinthien 9.18).

Nous n’avons mangé gratuitement le pain de personne, mais dans le travail et la peine nous avons été nuits et jours à l’oeuvre pour n’être à la charge d’aucun de vous (2 Thessaloniciens 3.8).

Mais alors, devrions-nous en conclure que les chrétiens devraient renoncer à leur droit d’auteur quand il s’agit d’éditer un livre, une musique ou autre annonçant d’une manière ou d’une autre le Royaume de Dieu ? Je laisse le lecteur libre de tirer lui-même une conclusion qui laissera son coeur tranquille et sûr de la vérité que Jésus a pris soin d’enseigner, illustrant par toute sa vie ce qu’il a enseigné en paroles.

Aussi, il enseigna qu’il n’est pas d’inquiétude à avoir pour ce qui est des ressources matérielles et à plus forte raison quand il ne s’agit que de porter comme un vase fragile l’oeuvre de Dieu.

Ne vous amassez pas de trésors sur la terre, où les vers et la rouille détruisent et où les voleurs percent et dérobent, mais amassez des trésors dans le ciel, où ni les vers ni la rouille ne détruisent et où les voleurs ne percent ni ne dérobent.

Car là ou est ton trésor, là aussi sera ton coeur.  L’oeil est la lampe du corps. Si ton oeil est dans un bon état, tout ton corps sera illuminé, mais si ton oeil est en mauvais état, tout ton corps sera dans les ténèbres. Si donc la lumière qui est en toi est ténèbres, combien seront grandes les ténèbres !

Nul ne peut servir deux maîtres, car ou il haïra l’un et aimera l’autre, ou il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez servir Dieu et Mamon (l’Argent).

C’est pourquoi je vous dis : ne vous inquiétez pas pour votre vie de ce que vous mangerez, ni pour votre corps de ce que vous serez vêtus. La vie n’est-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement ?  Regardez les oiseaux du ciel : ils ne sèment ni ne moissonnent, ils n’amassent rien dans des greniers, et votre Père Céleste les nourrit. Ne valez vous pas beaucoup plus qu’eux ? Qui de vous, par ses inquiétudes peut ajouter une seule coudée à la durée de sa vie ? Et pourquoi vous inquiétez au sujet des vêtements ? Observez comment croissent les lis des champs : ils ne travaillent ni ne filent ; cependant je vous dis que Salomon même dans toute sa gloire, n’a pas été vêtu comme l’un d’eux.

Si Dieu revêt ainsi l’herbe des champs qui existe aujourd’hui et qui demain sera jetée au four, ne vous (vêtira t-il) pas à plus forte raison, gens de peu de foi ? Ne vous inquiétez donc pas, en disant : Que mangerons nous ? Ou : que boirons nous ? Ou : de quoi serons nous vêtus ? Car cela se sont les païens qui le recherchent.

Or votre Père céleste sait que vous en avez besoin. Cherchez premièrement son royaume et sa justice, et tout cela vous sera donné par-dessus (Matthieu 6.19-33).

Jésus met en garde les hommes contre leur penchant naturel vers l’argent, non seulement par ce que les hommes s’inquiètent naturellement pour ce qui est de leur subsistance mais encore parce nous avons, tous, un choix à faire entre l’adoration de Dieu et celui de l’argent et que l’amour de Dieu et celui de l’argent sont absolument incompatibles. A plus forte raison l’oeuvre de Dieu ne doit pas reposer sur des considérations financières et se doit d’être toujours gratuite et ouverte à tous, petits et grands, et le don doit être adapté aux possibilités de chacun d’après sa libre considération de ce qu’il est bon de donner, ou pas, à qui, quand et combien.

Pourquoi donc les prophéties des prophètes sont-elles devenues payantes ?

Comment justifier que les entrées aux meetings d’évangélisations soient payantes ?

Et surtout :

Si à vous prophètes, il vous est possible de faire des miracles au nom du Seigneur, pourquoi vous serait-il impossible aussi de faire ce qu’a fait le Christ, et ce qu’il a recommandé à ses disciples de faire, c’est-à-dire prêcher à tous gratuitement, et même de pourvoir pour ceux qui sont venus chercher le Royaume des Cieux ?

Comment sommes nous passé du Christ qui recommande à ses disciples de tout laisser pour le suivre à des prophètes qui réclament de se dépouiller à leur profit (provisoirement en attendant que Dieu vous le rende) pour les suivre ?  Mais ici ne s’arrêtent pas les questions que nous adressons aux prophètes contemporains. Poursuivons.

2)      Soif de puissance et prophétie : ou comment l’Evangile est mis en scène et vendu comme une clef du succès et de la réussite (sociale) Tout de suite après avoir été baptisé par Jean Baptiste, et tout juste avant de commencer sa prédication du Royaume des Cieux, les Evangiles relatent que Jésus a subi une « tentation » dans le désert pendant quarante jours. Même si nous ne savons pas grand-chose de cette période de la vie de Jésus, l’Evangile de Matthieu décrit des détails à propos de cet épisode qui sont fondamentaux à mon sens pour comprendre ce qui fait la différence entre l’envoyé de Dieu et le faux prophète.

Il est donc écrit que l’Esprit emmena Jésus dans le désert pour qu’il fût tenté par le diable (Matthieu 4). Cette tentation marque le début de l’activité messianique du Christ. Qu’en est -il ? Le Tentateur s’approche de Jésus à trois reprises ; il lui demande de prouver qu’il est le Fils de Dieu, en faisant un miracle qui relève de l’impossible pour le commun des hommes, soit de transformer des pierres en pains. Jésus lui répond que l’homme ne vivra pas de pain seulement mais de toutes parole qui sort de la bouche de Dieu. Ainsi il montre qu’être le Fils de Dieu ne signifie pas pour lui d’abord de démontrer sa puissance et de faire l’impossible,de prouver par un miracle impressionnant et extraordinaire,qu’il tient sa puissance de Dieu même, mais qu’au contraire il est d’abord Fils de Dieu parce que sa nourriture première est la Parole même de Dieu et qu’il s’agit d’abord pour lui de nourrir les foules de cette nourriture miraculeuse qu’est la Parole de Dieu, et que c’est ici qu’est le miracle (et non pas dans la démonstration d’un pouvoir miraculeux) et que c’est cette proximité immédiate au Père qui fait de Lui le Fils de Dieu.  Il faut bien méditer cela, car si Jésus a bien le pouvoir de transformer des pierres en pain, ce n’est pas à cause de cela qu’il a été appelé Fils de Dieu.  Dans un deuxième temps le diable transporte Jésus à Jérusalem, sur le haut du temple et lui demande de se jeter en bas pour prouver qu’il est le Fils de Dieu, car alors lui dit le diable, des anges devraient te secourir et t’empêcher de te blesser. Là encore Jésus refuse la démonstration de sa filiation à Dieu par la puissance qui frappe les yeux et qui est celle des apparences.  Ainsi l’attitude de celui qui craint Dieu n’est pas de tenter Dieu en lui demandant d’intervenir en sa faveur contre le cours naturel des choses, pour des raisons qui sont celles de la vanité, mais au contraire Jésus se montre le Fils de Dieu en ce qu’il enseigne que la crainte véritable de Dieu n’est pas l’amour vaniteux de sa propre personne, mais le respect profond de la dignité divine et de sa Façon de dévoiler sa puissance au monde en temps voulu.  Enfin le diable montre à Jésus le monde et ses richesses, et lui propose de lui offrir tout cela en échange d’une prosternation et d’une adoration du diable.  Jésus lui répond qu’il ne convient d’adorer que Dieu seul. Ce qui enseigne que l’adoration exclusive de Dieu est plus importante et a plus de prix que toutes les richesses du monde, et qu’adorer Dieu ne revient pas à posséder le monde et ses richesses, qu’il s’agit de deux choses très différentes. Etre le Fils de Dieu pour Jésus ce n’est pas posséder le monde et sa gloire, ni obtenir la reconnaissance du monde, mais bien d’apporter au monde la connaissance d’un Royaume dont la logique n’est pas la notre, et qui au contraire est radicalement différente de la notre.

Ici je voudrais encore interroger les prophètes contemporains sur leurs démonstrations de puissance, censées impressionner la foule et la convertir à Dieu. Car il s’agit bien de démontrer la puissance de Dieu par les moyens qui impressionnent les hommes et qui correspondent à la logique de notre monde.  Ainsi untel promet une réunion miraculeuse, ou la puissance de Dieu sera démontrée, comme un vendeur « démontre » un produit, un autre promet une effusion spectaculaire de l’esprit saint, comme si l’Esprit saint était programmable. Des prophètes relatent leurs rêves dans lesquels ils ont vu Dieu même ou des anges qui leur ont révélé exclusivement des prédictions sur notre monde, frappées du sceau du copyright.

Aucun moyen n’est épargné pour séduire un public, blagues, accusation railleuse des ennemis, jeux de lumières et mises en scène, charisme des prédicateurs et bien sûr manipulation par la rhétorique des discours.  Il convient de même de flatter son public, de lui prédire un avenir brillant, une conquête prochaine de l’église sur les puissants, le monde, des miracles spectaculaires, des changements dramatiques dans le monde et l’église etc.  C’est à qui fera le plus sonner l’oreille de ses auditeurs, à celui qui saura le mieux les séduire.

Ainsi le vocabulaire de la puissance militaire et de la conquête, de la prise par la force, est très en vogue parmi nos prophètes, car il s’agit d’exalter en nous l’homme qui a soif de puissance et d’aventure. Un philosophe disait avec raison que pour faire de la politique les philosophes étaient incompétents, tout juste bons à produire des utopies, et que pour faire d’habiles politiciens il s’agissait avant tout de bien connaître la nature humaine... Et de l’exploiter.  Sans voir le mal partout je pense qu’il faudrait bien réfléchir à cela, et nous souvenir que les loups ne sont jamais loin de la bergerie.

3)      « Demain la fin du monde »

Un autre point commun à ces prophètes contemporains serait peut être l’exploitation du thème eschatologique de la fin du monde.  Là encore je pense qu’il convient de bien réfléchir à ce ressort utilisé par les prophètes. Que s’agit-il de faire ? De montrer du doigt l’imminence des temps de la fin pour vendre des livres de révélations, des cassettes ou des bulletins prophétiques ou d’appeler à la repentance le monde ?  Il ne nous faut pas oublier que pour celui qui meurt c’est la fin du monde et le jugement, l’ultime point final.

C’est pourquoi il importe peu de connaître la date et l’heure de la fin dernière du monde, sachant que la date et l’heure de notre propre mort est incertaine et que face à cette imminence, seule la repentance sincère importe, et non pas des révélations extraordinaires sur le temps et le lieu de notre mort.  Aussi Jésus a enseigné par beaucoup de paraboles qu’il faut sans cesse se comporter et veiller comme si la fin des temps était proche et le jugement imminent :

Puis il dit : Gardez vous attentivement de toute cupidité ; car même dans l’abondance, la vie d’un homme ne dépend pas de ce qu’il possède. Et il leur dit cette parabole :

La terre d’un homme riche avait beaucoup rapporté. Il raisonnait en lui-même et disait : que ferais-je ? Car je n’ai pas de place pour amasser mes récoltes.  Voici dit-il ce que je ferai : j’abattrai mes greniers, j’en bâtirai de plus grands, j’y amasserai tout mon blé et mes biens, et je dirai à mon âme : Mon âme tu as beaucoup de biens en réserve pour plusieurs années ; mange, bois et réjouis toi.

Mais Dieu lui dit insensé ! Cette nuit même ton âme te sera redemandée ; et ce que tu as préparé à qui cela sera-t-il ?

Il en est ainsi de celui qui accumule des trésors pour lui-même et qui n’est pas riche pour Dieu (Luc 12.13-21).

Cette parabole illustre bien qu’il n’est guère besoin de secouer l’âme des croyants avec des images d’apocalypse imminente pour les amener à la repentance car demain peut-être devrons-nous rendre compte à Dieu de notre vie. Car celle-ci ne se possède pas comme une richesse, ni un bien acquis, au contraire c’est un don permanent de Dieu qui peut nous être ôté d’un moment à l’autre.  Ainsi pour nous tous, le temps est proche et les heures sont comptées, peu importe donc quand exactement et dans quelles circonstances nous comparerons, la seule certitude est que cette heure est proche.  Le rôle des prophètes de Dieu est donc à mon sens de rappeler sans cesse l’imminence du jugement et d’appeler à la repentance et non pas de faire miroiter des révélations extraordinaires dont la possession finalement ne nous sauvera pas devant Dieu, ni ne nous justifiera de quoi que ce soit.  Ainsi donc prophètes de Dieu, je vous le demande en quoi vos bulletins prophétiques sont ils si nécessaires aux croyants comme vous vous en vantez, et surtout d’où prenez vous tant d’assurance au point de vous croire permis de monnayer et de mettre un copyright à ce que vous affirmez venir de Dieu ?

4)      Questions sur le ministère de Rick Joyner

En dernier lieu, et au regard de ces remarques, je voudrais poser à Rick Joyner quelques questions sur son ministère :

Pourquoi met-il un copyright sur ses « prophéties » ?

Pourquoi vend-t-il en ligne (site Internet) ses bulletins « prophétiques » en

abonnement à l’année, et pourquoi ceux-ci sont vendu plus chers que les simples abonnements aux bulletins de nouvelles ?

Que font sur son site d’évangélisation des offres de vente d’immobilier initiées par son ministère ?

Pourquoi proposer des offres d’affiliation à son ministère et sous certaines conditions, aux autres églises ?

Pourquoi organiser des meetings gigantesques à l’entrée payante (pour une somme non symbolique) ?

Quel rôle joue dans ses prophéties l’exploitation des images de combat, de conquête, et du jargon militaire ?

Quel rôle joue son implication (émission hebdomadaire) dans la télévision chrétienne fortement corrompue par l’appel aux dons d’argent et l’encouragement aux legs (voir le site de TBN, télévision chrétienne américaine) ?

Que signifie son appartenance à l’Ordre catholique de Malte ?  En effet, Rick Joyner n’a jamais voulu renoncer à être membre et Chevalier de l’Ordre catholique des Chevaliers de Malte, invoquant pour cela le courage historique des chevaliers de l’ordre notamment durant les Croisades, qui étaient prêts à mourir pour leur mission.

Aussi deux solutions s’imposent : ou Joyner a une connaissance de l’histoire des Croisades et de celle de l’Ordre de Malte, digne d’une revisitation de l’histoire par Walt Disney, ou celui ci n’ignore pas cette histoire mais cela lui importe peu, l’important étant l’exploitation de l’idée de Chevalier et de Combattant (de l’épée mystique etc.), support commode à toutes sortes de rêveries prophétiques.

L’inconvénient dans l’affaire c’est que l’Ordre de Malte est bel et bien de nos jours impliqué dans toutes sortes d’histoires pas très nettes et assez effrayantes pour celui qui s’y intéresse de près.

Enfin

que veut dire la création par son ministère d’une nouvelle chevalerie du Christ, rassemblant les élites de la jeunesse chrétienne ?  En effet, Joyner parle de ce projet sur son site pour les enfants (inscription payante bien entendu). Et quels sont ces critères d’excellence ? Entre autres choses, de bonnes notes et une bonne réputation.  A cela je voudrais d’une part rappeler que les apparences de la réputation n’ont pas de prix au yeux de Dieu qui voit les coeurs sincères et que les simples et les derniers seront premiers dans le Royaume de Dieu.

Conclusion

Pour conclure cet article je voudrais rappeler deux choses qui sont à mon avis de première importance :

D’une part c’est de notre nature humaine dont il s’agit et qui est exploitée, que ce soit pour acheter de la lessive, des voitures ou des produits dérivés du christianisme. Pour nous le besoin est de rêver, de nous sortir de notre quotidien difficile et parfois éprouvant, de nous voir en héros, de rêver d’héroïsme, d’aventures, d’évasions et d’horizons nouveaux ; pour eux il s’agit de récolter pouvoir, influence et argent. Et combien même certains de ces prophètes seraient sincères dans leur intention, il faudrait nous demander si nous sommes encore fidèles aux Evangiles. Car les voies de Dieu ne sont pas les nôtres et le Royaume des Cieux ne ressemble pas forcément à un scénario hollywoodien.

Enfin, il me semble que le Seigneur pour révéler des choses de première importance à Ses enfants, a répandu sur chacun d’eux l’Esprit Saint en abondance, et si les prophètes ne prophétisaient plus aux plus pauvres qui ne peuvent se payer ni les droits d’entrée aux réunions d’évangélisation, ni les livres chers et protégés de ceux qui s’appellent prophètes, il resterait encore et fort heureusement l’Esprit bien aimé de Dieu pour réjouir chacun de Ses enfants.

Entonnez un hymne à l’Eternel avec reconnaissance (...) Ce n’est pas dans la vigueur du cheval qu’il se complaît Ce n’est pas la robustesse de l’homme qu’il agrée L’Eternel agrée ceux qui le craignent, ceux qui s’attendent à sa bienveillance (Psaume 147.10)

par Alexandra Lupin

 

Commentaire d’hilkija : Bon nombre de sites, des ministères, des ministres et des chrétiens nés de nouveau ont oublié le caractère gratuit et désintéressé de l’évangile de Jésus Christ. (Jean 3 : 16).Et, ce sont laissé séduire par ce siècle sous prétexte de couvrir les frais engagés, droits d’auteurs, courtoisie ou autorisation de l’auteur…………………………….

( Michée 3 : 11- Jérémie 5 : 26 à 31 – Esaïe 55 : 1 à 3 – Matthieu 10 : 8 )

 Etes-vous véritablement l’auteur de votre inspiration ?

 Hilkija

Pour la vérité et par la vérité                                                                      haut de page


Partager    
Retour à l'accueil

Une Parole au quotidien

 
Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés